Éducation financière : les Français veulent faire entrer l’argent à l’école
Budget, épargne, crédit, arnaques en ligne : à partir de la rentrée 2026, tous les élèves de 4ᵉ suivront un module d’éducation financière. Une nouveauté qui répond à une attente massive. Selon une enquête Yomoni menée auprès de 4 001 répondants, 82 % des Français se disent favorables à cet enseignement dès le collège, tandis que seuls 5 % y sont opposés.
Cette adhésion traduit un constat plus profond : pour beaucoup, l’école n’a pas donné les clés nécessaires pour gérer son argent une fois adulte. Huit Français sur dix estiment ne pas avoir été suffisamment préparés à cette réalité quotidienne. Et avec le recul, 74 % pensent qu’une meilleure éducation financière leur aurait évité des erreurs ou de mauvaises décisions.
Des lacunes qui coûtent cher
Les erreurs citées sont très concrètes. Le découvert bancaire et la mauvaise gestion du budget arrivent en tête, devant l’absence d’épargne de précaution, les mauvais choix de placement ou encore le crédit mal compris. Autant de difficultés qui apparaissent souvent dès l’entrée dans la vie active, faute de repères simples et accessibles.
Les Français ne réclament d’ailleurs pas un cours d’économie abstrait, mais des bases utiles : savoir gérer un budget au quotidien, comprendre l’épargne, anticiper un crédit, reconnaître les faux placements ou éviter les escroqueries financières. Des compétences jugées aussi importantes que certaines matières traditionnelles par 84 % des répondants.
Face aux réseaux sociaux, l’école reprend la main
Le silence ne vient pas seulement de l’école. Dans 63 % des familles, l’argent était rarement ou jamais abordé pendant l’enfance. Résultat : les réseaux sociaux ont pris une place centrale. Pour 70 % des Français, les jeunes sont aujourd’hui davantage influencés par TikTok, Instagram ou d’autres plateformes que par l’école ou leurs proches en matière d’argent et d’investissement.
La réforme apparaît donc comme un moyen de rééquilibrer l’information, avec un cadre fiable et commun à tous les élèves. Reste une condition clé : former ceux qui transmettront ces savoirs. Près d’un Français sur deux doute aujourd’hui que les collèges disposent d’enseignants suffisamment préparés. L’envie est là ; les moyens devront suivre.