Management : la promotion qui ne va plus de soi
Devenir manageur a longtemps été synonyme de réussite professionnelle. Un passage presque obligé pour progresser, gagner en statut et voir son salaire augmenter. Mais cette promesse semble aujourd’hui moins évidente. Selon une enquête de l’agence HOW MUCH menée auprès de 3 103 actifs français, la fonction managériale conserve une certaine valeur symbolique, mais elle suscite désormais davantage de calculs, de doutes et de conditions.
Premier enseignement : le management n’est plus perçu comme une promotion automatiquement avantageuse. Chez les manageurs interrogés, 81 % associent la fonction à un gain financier limité au regard des contraintes supplémentaires. Beaucoup évoquent un peu plus de salaire, mais beaucoup plus de pression, voire une rémunération à peine supérieure à celle de postes non managériaux. Les salariés non manageurs partagent largement cette perception, à 78 %.
La question salariale est au cœur du malaise. Deux tiers des manageurs jugent aujourd’hui leur fonction insuffisamment rémunérée ou clairement sous-payée. Ils sont aussi 61 % à estimer que devenir manageur peut être un mauvais calcul financier. Autrement dit, le surcroît de responsabilités, d’horaires et de pression ne paraît plus toujours compensé par la fiche de paie.
Le stress pèse également lourd dans la balance. Plus de trois manageurs sur quatre jugent le niveau de tension associé à leur rôle élevé ou très élevé. La pression des résultats arrive d’ailleurs en tête des freins cités par les manageurs, devant les responsabilités humaines et juridiques. Du côté des salariés, le manque de rémunération apparaît aussi comme un obstacle majeur.
Pour rendre ces postes à nouveau attractifs, la réponse attendue est claire : revaloriser les salaires fixes. C’est la priorité citée par 47 % des manageurs et 41 % des salariés. Viennent ensuite les avantages liés au temps et à la flexibilité, signe que l’équilibre de vie devient un argument aussi décisif que le salaire.
Le management n’est toutefois pas rejeté en bloc. Parmi les salariés, 28 % se disent prêts à devenir manageurs dans les trois prochaines années et 46 % répondent « peut-être ». La fonction attire encore, mais plus à n’importe quel prix. Pour convaincre, les entreprises devront désormais mieux reconnaître l’engagement managérial, financièrement comme humainement.