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Orange gagne 14 % en Afrique et piétine en France

Devenir Opérateur mobile mvno en france
Date Communiqué de Presse : 27 octobre 2026
Orange gagne 14 % en Afrique et piétine en France : le continent devient son moteur de croissance

Le 27 octobre au matin, Orange a publié ses comptes du troisième trimestre et, pour la troisième fois cette année, relevé sa prévision de rentabilité. Le groupe vise désormais une progression de plus de 4,5 % de son EBITDAaL, l’indicateur de référence des opérateurs télécoms, qui mesure en clair ce qu’il reste des ventes une fois payés les achats, les salaires et les loyers des équipements. L’objectif précédent était de 4 %. La bonne nouvelle ne vient pourtant pas de l’Hexagone. Entre juillet et septembre, le chiffre d’affaires de la zone Afrique et Moyen-Orient a bondi de 14,2 %, à 2,4 milliards d’euros. Celui de la France, premier marché du groupe avec 4,4 milliards d’euros, n’a progressé que de 0,5 %.

Un calcul simple suffit à mesurer le basculement. Sur un an, à périmètre comparable, les ventes du groupe ont augmenté d’environ 420 millions d’euros. La zone africaine en apporte 300 millions, soit plus de sept euros sur dix de croissance. La France, elle, n’en fournit qu’une vingtaine de millions. Ce déséquilibre ne concerne pas que l’opérateur historique : il dessine l’avenir de tout un secteur, des géants qui possèdent leurs antennes jusqu’aux opérateurs mobiles virtuels, ces sociétés qui louent les réseaux des autres pour vendre leurs propres forfaits.

Orange en Afrique : une croissance qu’aucun marché européen n’atteint

Orange est présent dans dix-sept pays d’Afrique et du Moyen-Orient, du Sénégal à l’Égypte en passant par la Côte d’Ivoire, le Cameroun ou la République démocratique du Congo. Le groupe y revendique 180 millions de clients mobiles, un chiffre supérieur à la population française multipliée par deux et demie. Mais ce n’est pas le nombre d’abonnés qui explique la performance, puisqu’il ne progresse que de 4,2 % sur un an. C’est ce que chaque client consomme et dépense.

Quatre moteurs tirent l’activité ce trimestre :

  • les revenus de la donnée mobile, en hausse de 20,2 %,
  • l’internet fixe à haut débit, en hausse de 15 %,
  • Orange Money, le service de paiement par téléphone, en hausse de 14,6 %,
  • les services aux entreprises, en hausse de 23,1 %.

Le mécanisme est connu des économistes. Des millions d’utilisateurs passent du téléphone basique, qui sert surtout à appeler, au smartphone, qui consomme vidéos, réseaux sociaux et applications. Le nombre de clients 4G atteint 98 millions, en progression de 11 %. Résultat, le revenu moyen par client mobile, que les opérateurs appellent ARPO, gagne 7,5 % en un an. En France, le même indicateur recule.

La démographie fait le reste. Lors de la présentation de son plan stratégique à Casablanca en avril, la direction d’Orange Afrique et Moyen-Orient rappelait que l’âge moyen de ses marchés tourne autour de 20 ans et que près de la moitié de la population n’a pas de compte bancaire. Pour ces clients, le téléphone devient tout à la fois écran, porte-monnaie et guichet.

Pourquoi la France ne fait plus grandir ses opérateurs

Le marché français est saturé. Presque tous les adultes possèdent déjà un forfait, souvent deux, et la guerre des prix déclenchée au début des années 2010 a installé des tarifs parmi les plus bas d’Europe. Les chiffres d’Orange France en témoignent : le revenu moyen d’un client mobile sans box recule de 0,80 euro sur un an, à 15,90 euros par mois, et les ventes des forfaits mobiles seuls baissent de 3 %. Les services facturés aux autres opérateurs, comme la location du réseau, chutent de 4,1 %.

La croissance française ne tient donc plus qu’à deux leviers : la vente de smartphones haut de gamme, en hausse de 16 %, et les offres groupées associant box et mobile. Le trimestre a pourtant été excellent sur le plan commercial, avec un record de nouveaux abonnés. Mais gagner des clients dans un marché où chacun se les dispute à prix cassés ne fait guère grossir le chiffre d’affaires.

Le projet de rachat conjoint de SFR par Orange, Bouygues Telecom et Free, signé le 6 juin 2026 et prévu pour le second semestre 2027, illustre la même réalité. Quand un marché ne grandit plus, les acteurs cherchent leur salut dans la concentration plutôt que dans le volume.

L’Afrique n’est pas pour autant un eldorado sans risque. Les écarts entre croissance « à base comparable » et croissance en euros courants rappellent le poids des dévaluations de monnaies locales sur neuf mois. S’y ajoutent une fiscalité sectorielle parfois lourde, des régulateurs exigeants et une concurrence locale qui ne cesse de se professionnaliser.

Mobile money, roaming et diaspora : le nouveau trait d’union France-Afrique

Le mobile money est sans doute la révolution la plus profonde. Il s’agit d’un portefeuille électronique adossé au numéro de téléphone, qui permet de payer, d’épargner ou d’envoyer de l’argent par simple message, sans compte bancaire. Orange Money compte désormais 54 millions de clients, en hausse de près de 22 % en un an. Pour les familles réparties entre Paris, Dakar ou Abidjan, il remplace progressivement les agences de transfert traditionnelles.

Ces circulations alimentent un marché transfrontalier considérable. Les membres de la diaspora africaine installés en France veulent appeler leurs proches à bas prix, leur envoyer du crédit téléphonique ou de l’argent, et rester joignables lors de leurs séjours au pays. C’est là qu’intervient le roaming, ou itinérance, c’est-à-dire la possibilité d’utiliser sa ligne sur le réseau d’un opérateur étranger. Longtemps hors de prix entre l’Europe et l’Afrique, il est aujourd’hui concurrencé par l’eSIM, une carte SIM dématérialisée que l’on télécharge en quelques minutes sur son téléphone avant le départ.

Signe que la valeur se déplace, les revenus qu’Orange tire des autres opérateurs sur le continent, roaming des visiteurs compris, reculent légèrement ce trimestre, quand les ventes directes aux particuliers s’envolent. L’argent se gagne désormais au plus près du client final. Pour un commerçant, un technicien ou un distributeur installé en France, il est devenu possible de devenir revendeur de lignes mobiles sans posséder la moindre antenne.

Revendeurs, distributeurs, intégrateurs : comment prendre place dans la vague

En Afrique, la distribution télécoms repose sur un maillage très dense de boutiques, de kiosques et d’agents de recharge. En France, les boutiques de téléphonie des quartiers à forte population d’origine africaine jouent un rôle comparable. Elles vendent recharges internationales, cartes prépayées, transferts d’argent et accessoires. Leur clientèle réclame des offres simples, lisibles et pensées pour les échanges entre les deux rives : appels illimités vers les pays d’origine, eSIM de voyage, crédit transférable vers un proche.

Notre partenaire, opérateur MVNO actif en France et en Afrique francophone, fournit cartes SIM, eSIM et plateformes mobiles en marque blanche pour lancer ce type d’offres sous sa propre marque.

L’autre gisement concerne les entreprises, dont les achats télécoms progressent de 23 % sur le continent chez Orange. Transporteurs, logisticiens, exportateurs ou sociétés de sécurité équipent leurs camions, conteneurs et générateurs de cartes SIM connectées pour suivre leurs actifs à distance. Ces usages, appelés machine à machine car aucun humain n’est au bout de la ligne, réclament des cartes capables de fonctionner sur plusieurs réseaux et dans plusieurs pays.

Le message envoyé par les résultats d’Orange dépasse largement la Bourse de Paris. Les opérateurs français ont trouvé au sud de la Méditerranée la croissance que leur marché domestique ne leur offre plus. Les professionnels qui sauront construire des services utiles entre la France et l’Afrique, au service d’une diaspora nombreuse et d’entreprises en pleine expansion, se placent exactement là où la valeur se crée aujourd’hui.