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Extinction de la 2G et de la 3G en Outre-mer

mini opérateur de téléphonie mobile avec mini BTS
Date Communiqué de Presse : 23 septembre 2026
Extinction de la 2G et de la 3G en Outre-mer : le compte à rebours est lancé pour les objets connectés

Article rédigé en collaboration avec Bisatel Telecom

Dans les Antilles, en Guyane et dans l’océan Indien, des milliers d’objets connectés vivent leurs dernières semaines de service. Le 10 septembre 2026, l’Autorité de régulation des communications électroniques (Arcep) a mis à jour sa fiche consacrée à la fermeture des réseaux mobiles de deuxième et troisième génération, appelés 2G et 3G. Elle rassemble les dates annoncées par chaque opérateur. Les échéances les plus proches tombent cette semaine.

Pour le grand public équipé d’un smartphone récent, la bascule passera souvent inaperçue. Pour les entreprises, les collectivités et les gestionnaires de bâtiments, elle impose un inventaire rapide : alarmes, téléalarmes d’ascenseurs, boîtiers de télérelève, traceurs de véhicules ou liaisons de secours installées sur des sites isolés. Un appareil qui ne sait communiquer qu’en 2G ne se connectera plus au réseau le jour de la coupure, sans message d’avertissement préalable.

Un calendrier serré dans les territoires ultramarins Antilles, Guyane, Saint-Martin et Saint-Barthélemy : fin septembre

En Martinique, SFR ferme son réseau 2G le 24 septembre 2026. Orange généralise ensuite son extinction le 26 septembre en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, après une première phase conduite au printemps dans plusieurs communes, dont Le Lamentin, Les Abymes, Baie-Mahault, Cayenne et Rémire-Montjoly. En Guadeloupe, SFR suivra le 22 octobre 2026.

Digicel a déjà tourné la page : sa 2G est éteinte depuis le 20 mai 2025 en Guadeloupe, le 2 juin 2025 en Martinique, le 1er juillet 2025 à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, et le 8 décembre 2025 en Guyane. Selon l’Arcep, Outremer Telecom avait programmé son arrêt en Guyane au 20 août 2026.

La Réunion et Mayotte : échéance fin novembre

À La Réunion, Orange a achevé l’extinction de sa 2G en octobre 2025. SRR, l’entité de SFR dans l’océan Indien, fermera la sienne le 30 novembre 2026. À Mayotte, SFR retient la même date et Orange prévoit un arrêt d’ici la fin de l’année 2026. Aucune date n’est encore communiquée pour Telco OI.

La 3G suivra. SFR vise la fin de l’année 2027 dans ces territoires, Orange l’année 2028. L’Arcep rappelle que ces calendriers relèvent de la stratégie des opérateurs, propriétaires de leurs réseaux, et qu’ils peuvent encore évoluer.

Pourquoi les équipements connectés sont en première ligne

Selon l’Arcep, plus de 99,8 % des sites d’émission 2G et 3G disposent déjà de la 4G. La couverture n’est donc pas en cause : la difficulté vient des terminaux. Pendant vingt ans, la 2G a servi de technologie de référence aux communications dites M2M, pour « machine à machine », c’est-à-dire les échanges automatiques entre équipements sans intervention humaine. Son module radio coûtait peu, consommait peu d’énergie et suffisait pour transmettre quelques octets : un relevé de compteur, une position GPS, une alerte.

La voix sur 4G, point de vigilance

Une difficulté supplémentaire touche les équipements qui passent des appels vocaux. Sur les réseaux anciens, la voix transitait par la 2G ou la 3G. Après la coupure, elle doit emprunter la VoLTE, abréviation anglaise désignant la voix transportée sur le réseau 4G. Or un appareil peut être compatible 4G pour les données sans l’être pour la voix. L’Arcep attire l’attention sur ce point, qui concerne directement les téléalarmes d’ascenseurs, les interphones, les boîtiers de téléassistance et certains téléphones professionnels.

Les capteurs industriels en sursis

Pour les capteurs qui ne transmettent que des données, il faut vérifier que le module intègre une norme 4G adaptée, comme le LTE-M ou le NB-IoT, deux variantes de la 4G conçues pour les objets à faible consommation, ou la catégorie LTE Cat 1. Dans le cas contraire, la carte SIM reste active et facturée, mais l’appareil ne trouve plus aucun réseau.

Inventorier et renouveler la flotte : la méthode

La première étape consiste à recenser tous les équipements dotés d’une carte SIM : terminaux mobiles, automates, caméras, bornes, traceurs de véhicules. Les factures et les espaces clients des opérateurs permettent souvent d’identifier les lignes actives et le type de réseau utilisé.

La deuxième étape vise à contrôler la compatibilité réelle de chaque appareil auprès du fabricant ou de l’installateur. Une mise à jour logicielle suffit parfois à activer la VoLTE. Dans les autres cas, le remplacement du module radio ou de l’équipement complet devient inévitable.

La troisième étape consiste à fixer des priorités. Les équipements de sécurité, ceux qui protègent des personnes ou déclenchent une intervention, passent en tête. Viennent ensuite les appareils dont dépendent la facturation ou la production, puis le reste du parc. Dans les territoires où la coupure intervient ce mois-ci, un dispositif provisoire, comme une surveillance humaine renforcée, peut s’imposer.

Dernière étape : profiter du renouvellement pour revoir le contrat de connectivité. Certains opérateurs mobiles virtuels proposent des offres dédiées aux objets connectés, avec supervision centralisée des lignes et accès à plusieurs réseaux sur un même territoire.

Une transition qui dépasse la seule 2G

Dans l’Hexagone, SFR arrêtera sa 2G le 15 novembre 2026 et Bouygues Telecom généralisera la sienne entre le 1er et le 15 décembre, avant l’extinction progressive de la 3G entre 2028 et 2029. Un équipement acheté aujourd’hui avec un module 3G risque de devenir obsolète d’ici deux à trois ans.

Pour éviter de revivre la même situation, des gestionnaires de parc s’orientent vers les cartes eUICC, des SIM programmables à distance qui permettent de changer d’opérateur ou d’offre sans intervention physique sur l’appareil. Ce choix limite les déplacements sur site, un poste de dépense important dans des territoires insulaires ou étendus comme la Guyane.

La date du 26 septembre ouvre ainsi un chantier qui s’étendra jusqu’à la fin de la décennie. Pour les responsables techniques ultramarins, le calendrier publié par l’Arcep constitue désormais la référence pour planifier les budgets de renouvellement et éviter qu’une alarme, un ascenseur ou un capteur ne cesse de répondre du jour au lendemain.