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Intelligence artificielle et e-commerce agentique

Date Communiqué de Presse : 1 janvier 2026

Le e-commerce en 2026

En partenariat avec Bisatel Telecom

Alors que les consommateurs délèguent progressivement leurs décisions d’achat à des agents intelligents, le commerce en ligne connaît une mutation sans précédent. McKinsey estime que le commerce agentique pourrait représenter jusqu’à 5 000 milliards de dollars à l’horizon 2030. Décryptage d’une transformation qui redéfinit les règles du jeu pour les entreprises et les entrepreneurs du numérique.

Qu’est-ce que le commerce agentique ?

Le commerce agentique, ou agentic commerce en anglais, désigne un nouveau paradigme du commerce électronique dans lequel des agents d’intelligence artificielle agissent de manière autonome pour effectuer des achats au nom des consommateurs. Contrairement aux assistants virtuels traditionnels qui se contentent de répondre à des questions, ces agents IA sont capables d’interpréter une intention, d’explorer plusieurs catalogues produits, de comparer les offres, de négocier les prix et de finaliser les transactions sans intervention humaine constante.

Le principe fondamental repose sur l’autonomie décisionnelle. L’utilisateur exprime simplement un besoin en langage naturel, par exemple : « Trouve-moi des chaussures de trail noires, taille 43, à moins de 150 euros, livrées avant vendredi ». L’agent IA prend alors en charge l’intégralité du parcours d’achat, de la recherche initiale jusqu’à la validation du paiement. Cette approche marque une rupture fondamentale avec le modèle traditionnel où le consommateur navigue, filtre et sélectionne lui-même les produits.

Les acteurs majeurs accélèrent le déploiement

L’année 2025 a vu l’émergence de plusieurs initiatives structurantes qui préfigurent la généralisation du commerce agentique. OpenAI a lancé Instant Checkout aux États-Unis, permettant aux utilisateurs de ChatGPT de finaliser des achats directement dans la conversation, notamment auprès de vendeurs Etsy et de commerçants utilisant Shopify. Cette fonctionnalité s’appuie sur l’Agentic Commerce Protocol, codéveloppé avec Stripe, qui permet aux agents IA de naviguer dans les catalogues marchands et de déclencher des transactions sécurisées.

Google a déployé Agentic Checkout et le protocole Agent Payments Protocol (AP2) en septembre 2025, offrant aux agents IA la capacité de rechercher, sélectionner et finaliser des achats de manière autonome. Amazon teste de son côté « Buy for Me », une fonctionnalité intégrée à son application qui permet aux agents d’acheter des produits sur des sites tiers lorsqu’ils ne sont pas disponibles sur la plateforme. Shopify a lancé Agentic Commerce en août 2025, permettant aux intelligences artificielles conversationnelles d’effectuer des achats directement depuis leur propre interface.

Des projections économiques considérables

Les analyses prospectives des cabinets de conseil internationaux convergent vers des projections spectaculaires. Selon McKinsey & Company, le commerce agentique pourrait générer entre 3 000 et 5 000 milliards de dollars de revenus à l’échelle mondiale d’ici 2030, dont près de 1 000 milliards pour le seul marché américain. Le cabinet qualifie cette évolution de « changement sismique » comparable à la révolution du commerce mobile.

Gartner anticipe que 90 % des achats B2B seront intermédiés par des agents IA d’ici 2028, représentant plus de 15 000 milliards de dollars de dépenses professionnelles transitant par ces systèmes autonomes. Le cabinet prévoit également que 40 % des applications d’entreprise intégreront des agents spécialisés d’ici fin 2026, contre moins de 5 % actuellement. Ces projections témoignent de l’accélération rapide de l’adoption, bien que Gartner avertisse que plus de 40 % des projets d’IA agentique pourraient être abandonnés d’ici 2027 en raison de coûts excessifs ou d’une valeur commerciale insuffisante.

Une nouvelle infrastructure technique émerge

L’industrialisation du commerce agentique repose sur l’émergence de protocoles d’interopérabilité standardisés. Le Model Context Protocol (MCP) permet le partage de contexte entre agents, tandis que l’Agent-to-Agent Protocol (A2A) facilite les interactions entre systèmes autonomes. L’Agent Payments Protocol (AP2) gère les transactions sécurisées, et l’Agentic Commerce Protocol (ACP) orchestre la chaîne complète de la découverte à la livraison. Ces standards sont aujourd’hui promus par les principaux acteurs du secteur technologique : OpenAI, Anthropic, Google, Stripe et Visa.

Cette évolution impose une recomposition profonde des architectures e-commerce. Les entreprises doivent adopter une approche API-first et headless, conçue pour être consommée par des systèmes autonomes plutôt que par des interfaces graphiques destinées aux humains. Le site web traditionnel devient un canal parmi d’autres, au même niveau qu’un agent conversationnel ou un assistant personnel. La performance ne se joue plus sur la richesse visuelle du front-end, mais sur la robustesse et la fiabilité de la couche API et données.

Du SEO au GEO : la mutation du référencement

Le commerce agentique bouleverse les stratégies d’acquisition et de visibilité en ligne. L’optimisation pour les moteurs de recherche traditionnels (SEO) cède progressivement la place au Generative Engine Optimization (GEO), une discipline émergente visant à rendre les contenus compréhensibles et exploitables par les intelligences artificielles. Selon McKinsey, 50 % des consommateurs utilisent déjà l’IA pour effectuer leurs recherches sur internet.

Les agents IA ne fonctionnent pas sur la base de mots-clés comme les moteurs de recherche classiques, mais interprètent des requêtes en langage naturel et raisonnent à partir de données structurées. Les fiches produits doivent désormais être rédigées comme des réponses à des questions concrètes plutôt que comme des listes d’attributs techniques. Si une marque n’est pas décrite de manière précise, cohérente et exploitable par une machine, elle devient invisible dans ce nouvel espace décisionnel.

Les défis de confiance et de gouvernance

L’autonomie croissante des agents IA soulève des questions majeures en matière de confiance, de transparence et de contrôle. Une enquête Salesforce de 2024 indique que 62 % des consommateurs se déclarent prêts à déléguer une partie de leurs achats récurrents à une intelligence artificielle, à condition de bénéficier de transparence et de conserver un droit de regard. Cependant, Capgemini observe une baisse de la confiance envers les agents totalement autonomes, passant de 43 % à 27 % en un an.

Les moyens de paiement actuels n’ont pas été conçus pour des systèmes autonomes. Autoriser une IA à utiliser une carte bancaire ou un portefeuille électronique nécessite une évolution des technologies de paiement et des protocoles d’authentification. Les entreprises devront également mettre en place des mécanismes de vérification pour s’assurer que les agents agissent légitimement au nom d’utilisateurs autorisés, et garantir la responsabilité lorsque des systèmes autonomes commettent des erreurs. Gartner anticipe plus de 2 000 réclamations juridiques liées à des défaillances de l’IA d’ici fin 2026.

Comment préparer son entreprise

Les entreprises qui souhaitent tirer parti du commerce agentique doivent engager dès maintenant plusieurs chantiers structurants. La structuration des données produits constitue le socle fondamental : catalogues enrichis, taxonomies précises, descriptions pédagogiques et informations exploitables par les machines. L’adoption de formats standardisés comme schema.org et la mise à disposition d’API robustes permettront aux agents IA d’interagir efficacement avec les offres commerciales.

La qualité opérationnelle devient un critère déterminant. Les agents IA évaluent les historiques de performance et privilégient les commerçants présentant des délais de livraison fiables, une gestion des stocks précise et des politiques de retour claires. Les entreprises doivent également définir des niveaux d’autonomie appropriés, par exemple en autorisant les achats automatiques jusqu’à un certain montant tout en exigeant une validation au-delà. Développer une activité de commerce en ligne performante requiert désormais d’anticiper ces nouvelles exigences.

Une transformation inéluctable

Le commerce agentique ne constitue pas une simple évolution technologique, mais une redéfinition fondamentale de la relation entre marchands, systèmes de paiement et consommateurs. Les entreprises qui auront investi dans la structuration de leurs données, l’interopérabilité de leurs systèmes et l’expérimentation des technologies agentiques disposeront d’un avantage compétitif décisif. À l’inverse, celles qui tardent à s’adapter risquent de voir leur visibilité et leur pertinence s’éroder face à des concurrents mieux préparés à servir cette nouvelle génération d’acheteurs algorithmiques.

La vraie question n’est plus de savoir si cette transformation aura lieu, mais quand et comment les acteurs économiques choisiront de s’y adapter. L’année 2026 s’annonce comme un point de bascule où les expérimentations laisseront place aux déploiements industriels, redessinant durablement le paysage du commerce électronique mondial.

Sources et références

McKinsey & Company – « The agentic commerce opportunity: How AI agents are ushering in a new era for consumers and merchants », octobre 2025

Gartner – « Strategic Predictions for 2026 and Beyond », novembre 2025

Gartner – « Gartner Predicts 40% of Enterprise Apps Will Feature Task-Specific AI Agents by 2026 », août 2025

Salesforce – Enquête sur les comportements d’achat et la délégation aux agents IA, 2024

Capgemini – Rapport sur la confiance envers les agents autonomes, 2025

IBM Institute for Business Value – Étude sur les chaînes d’approvisionnement assistées par l’IA, 2025

METR – « Measuring AI ability to complete long tasks », mars 2025

Google Cloud – « Powering AI commerce with the new Agent Payments Protocol (AP2) », septembre 2025

OpenAI – Agentic Commerce Protocol et Instant Checkout, 2025

Emergen Research – Projections du marché de l’IA agentique (2,9 milliards USD en 2024 à 48,2 milliards USD en 2030)

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